LES COULISSES DE BALT #3/3

Made in France ou Made in China ?

Maintenant qu’on a sélectionné tous les composants des sneakers qui vont ENFIN vous faire prendre votre pied, il a fallu décider de l’endroit où on allait les faire fabriquer.

 

ETAPE 1 : CHOISIR SA DESTINATION

Comme on trouvait que faire des sneakers qui soient les plus cools, les plus confortables et les plus écologiques du monde, c’était pas suffisant…

Et comme, on ne va pas vous la faire à l’envers, le Made in France ça a plutôt la cote en ce moment…

On s’est dit que faire fabriquer nos sneakers en France, ça serait quand même vachement cool.

Produire en Chine n’a évidemment jamais été une option (même avant cette sombre histoire de pangolin), rapport à l’empreinte carbone, le tour du monde du jeans, tout ça tout ça…On trouvait juste que ça sonnait bien dans le titre.

Sauf que le problème de produire en France, et bah c'est qu'il n'y a plus d'usines tout simplement. Elles sont toutes parties en Chine justement…

On a donc finalement décidé de faire fabriquer nos sneakers dans une ville qui a le nom d’un alcool que seuls tes grands-parents osent encore te proposer à l’apéro :

Le Porto évidemment !

Vous l’avez compris, vos sneakers préférées seront donc “Made in Portugal”. Et promis ce n’est pas — uniquement — parce qu’on avait envie de se dorer la pilule au soleil en mangeant des croquettes de morue OKLM.

La réalité c’est que les portugais sont en fait bien meilleurs que nous dans la fabrication de baskets (heureusement il nous reste le foot🏆).

On sent que vous êtes déçus (si si on le voit bien que vous êtes déçus). On vous entend d’ici “c’est de l’arnaque, le Portugal était même pas mentionné dans le titre etc”.

Bon et si on vous dit que la coupe et la piqûre (attention termes techniques) de la plupart des chaussures labellisées “Made in France” sont en fait très souvent réalisées en Inde ou en Tunisie, vous vous sentiriez mieux ?

On vous avait bien dit qu’on serait 100% honnête avec vous ;)

 

ETAPE 2 : TROUVER L’USINE DE NOS RÊVES

Maintenant qu’on a choisi notre destination, il a fallu qu’on trouve l’usine de nos rêves.

Et surtout trouver une usine qui voudrait bien de nous. Parce qu’on ne s’appelle malheureusement pas encore Nike ou Adidas…

On a donc une nouvelle fois décroché notre téléphone et harcelé toutes les usines de chaussures portugaises qu’on a pu trouver sur Google en tapant les mots clefs “Shoes Factory Portugal”, “Sneakers Factory Portugal”, “Shoes Manufacturer Portugal”, “Sneakers Manufacturer Portugal”, “Shoes Producer Portugal”, “Sneakers Producer Portugal"...Bref vous avez saisi le concept.

Une fois qu’on a réussi à décrocher quelques rendez-vous sur la trentaine d’usines qu’on a contactées – c’est à dire 5 rendez-vous EN TOUT – on a foncé à Porto les rencontrer.

Et accessoirement pour profiter un peu du soleil portugais, tout en sirotant un petit vinho de porto accompagné de pasteis de nata évidemment.

Enfin ça c’est ce qu’on croyait. En réalité, le programme a plutôt ressemblé à 500 bornes en 2 jours en Fiat Panda sous des torrents de flotte, un hôtel beaucoup (mais vraiment beaucoup) mieux sur les photos Booking qu’en vrai, des sandwichs triangles avalés en vitesse sur des aires d’autoroute et des visites d’usines qui ressemblent plutôt à des entretiens d’embauche.

Quelques petites déceptions donc. Mais heureusement, un gros coup de cœur aussi.

Mieux : un coup de réciproque 😍.

On n’y croyait pas trop, mais on a fini par trouver THE ONE. Une petite usine familiale, tenue par un père (Ricardo) et son fils (Tierri), qui ne fabrique QUE des chaussures confortables, c’est à dire des sneakers et des mocassins. Parce que OUI les mocassins sont considérés comme des chaussures confortables, pour ceux qui ont encore la chance de porter des chaussures de costard tous les jours de la semaine...

 

ÉTAPE 3 : FABRIQUER UN PROTOTYPE

Maintenant qu’on a trouvé l’usine de nos rêves, on a enfin pu démarrer la fabrication du prototype de vos futures sneakers préférées.

Mais avant ça, il a fallu qu’on se pose tout un tas de questions qu’on n’aurait jamais pensé devoir se poser un jour et auxquelles on n’avait pas le début d’une réponse…

« Est-ce qu’il vaut mieux imprimer, broder ou thermo-coller le logo ? »

« Combien de millimètres doit-il y avoir entre chaque œillets des lacets ?? »

« Est-ce que ce petit truc au bout des lacets que personne ne remarque doit être en plastique, en métal ou en or platine ??? »

« Est-ce que le nouage des lacets doit être croisé, droit, en Z, entortillé ou en scoubidou ???? »

« Est-ce qu’il vaut mieux choisir le tissu gris souris, le gris taupe ou le gris tourterelle ????? » Parce que OUI, le gris tourterelle EXISTE.

Après s’être pris la tête pendant plusieurs mois sur pas mal de détails, notre prototype a enfin vu le jour et on espère vraiment que le rendu final vous plait !

La suite des aventures de BALT au prochain numéro !!